15 minutes avec Dave Matthews

Mai 2, 2010 in interview von tyl-76

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L’avant, pendant et après l’interview

Elena Pizzetti

Milan, 22 Février. Je me trouve dans un taxi en direction du Palasharp, où le Dave Matthews Band va présenter le premier des trois concerts italiens. Dans mon sac, accompagnant le ticket, un enregistreur et quelques feuilles de papier : je vais interviewer Dave Matthews pour le magazine musical Buscadero juste avant le concert.

J’arrive tôt au Palasharp et on commence à chercher après le tour director avec Corsina. Il bruine et j’ai vraiment très froid dans ma veste légère printanière que j’avais prise avec moi à Milan, espérant qu’il fasse bon. Un gars aux cheveux bruns bouclés tout sourire sort du container de catering et nous demande si on a besoin de quelque chose. Corsina lui dit que l’on doit rencontrer G. et il se propose d’aller voir pour nous. Il disparait dans le grand dôme gris du Palais des sports et en ressort quelques minutes plus tard en nous disant qu’il l’a eu via talkie-walkie et qu’il est en route. On retrouvera notre aide sympathique plus tard sur scène : il n’est pas un membre du staff, c’est Terry Wolfer,le bassiste d’Alberta Cross.

Après une brève attente supplémentaire dans le froid, G. sort finalement par une petite porte. Corsina pénètre dans la salle avec lui, quand à moi je pars de mon côté : dans dix minutes j’ai rendez-vous avec des membres de Warner Music Italy. J’atteinds le comptoir presse et avec d’autres journalistes je suis escortée dans le pavilion. Des gradins encore vides, j’assiste à l’entrée fracassante de la vague humaine Con-Fusion, qui vient se déverser juste contre les barrières devant la scène. Un des journalistes me demande: “qui sont ces gens, des fans étrangers?” Il ne s’attend probablement pas à un tel enthousiasme de la part des fans italiens.

On vient alors nous dire que les interviews se derouleront dans la loge de Dave. Aussitôt que la télévision aura terminé, ce sera mon tour. J’aurai 15 minutes, en face à face avec Dave.

Un membre du staff m’emmène backstage ou j’attends pendant dix minutes dans un couloir étroit, dans lequel le son du saxophone de Jeff Coffin sort d’une des nombreuses portes fermées. Carter arrive, un énorme sourire sur son visage, et des gros écouteurs sur les oreilles. Un peu après, Jeff sort de sa loge, son sax pendant à son cou; il jette un oeil dans la salle, parle un peu avec un membre du staff et puis retourne dans sa loge. Comme il passe devant moi nos regards se croisent et il me salue avec un “salut!” et un sourire complice qui me fait sourire aussi. Il règne vraiment une atmosphère très positive. Sur ma gauche, une porte s’ouvre et le gars qui m’accompagne me fait signe d’y aller. Les journalistes de La7 TV, lourdement équipés, quittent la pièce quand je rentre.

Dave se trouve là debout en plein milieu de la loge et la première chose qui me frappe est l’immensité du personnage. Pas seulement sa taille ni son caractère imposant, non, c’est autre chose : une émanation intangible le rend encore plus grand, comme si sa présence s’étandait, au delà des frontières de la physique, dans toute la pièce. Il vient vers moi et m’accueille en me souriant, alors que ses yeux, ne faisant pas juste me fixer, me scannent littéralement mais pas d’une manière embarrassante. Un membre du staff me demande le nom du magazine pour lequel je travaille et lorsque je réponds ‘Buscadero’ il dit à Dave ‘tu as fais la couverture de ce magazine le mois dernier’. Je lui tends une copie de l’édition de février avec les traductions de Benedetta Copeta et Carla Melis. Dave pointe du doigt la photo de lui en avouant qu’il avait une coupe de cheveux horrible ce jour-là, et on éclate de rire. Il me demande mon nom et quand je lui réponds ‘Elena’ il répète ‘Eléééna?’, accentuant le second ‘e’. Je le corrige amusée et ennuyée, ‘Non, Èlena!’ avec l’accent sur la première syllabe. Il retente ‘Eléééna!’. Maintenant c’est une question de principe : ‘No, Èèèlena!’ Il parvient finalement à le prononcer corrèctement et quand je le félicite d’un ‘oui!!’ il commence à répéter ‘Èèèlena! Èèèlena!’ en exagérant, et accompagné de gestuelles de mime. Mon interview démarre d’une manière plutôt amusante et je ne pouvait pas espérer mieux.

Il s’assied sur le divan; juste en face de lui, derrière une table pleine de feuilles de papier,se trouvent deux chaises. Tout en me dirigeant vers une des deux chaises, je lui demande ou je peux m’asseoir. Il m’indique cependant le divan et me dit ‘ici, ici!’ Je m’assieds à côté de lui et pendant que j’installe l’interview et l’enregistreur sur la table je lui demande comment il se sent et si il est content d’être de retour en Italie. Il l’est, et beaucoup. Avant de commencer je lui explique, outre le fait d’être journaliste pour „Buscadero“, je suis aussi un membre de Con-Fusion. Il acquiesse et me dit: ‘Oh, bien!’ je lance un regard aux feuilles de papier: elles sont remplies de croquis et de griffonnages. Il est en train de préparer la setlist du concert sur l’une d’elles. Je lui demande si il désire un moment ou si on peut commencer et il lève immédiatement les yeux en s’exclamant ‘Non, non!! Tu peux y aller!!’ comme si je n’aurais pas dû demander.

Dave écoute mes questions tout en me regardant intensément avec une expression qui semble dire ‘mais qu’est-ce que tu me demandes là?’. Au contraire, c’est son regard typiquement concentré. Quand je lui parle de son implication dans le cinéma, il hausse aussitôt un sourcis, tant et si bien que je m’arrête un moment avec un regard interrogatif pour essayer de comprendre si j’ai dit quelque chose de mal. Il s’en rend compte et il prend une expression ambigüe, son sourcil redescent et se relaxe, et me dit de poursuivre.

A la fin de chaque question, son silence magnétique se transforme en un flot de mots, accompagné d’un tas de gestes. Toutes ses réponses sont empreintes d’enthousiasme et d’une énergie qui révèlent tout le sérieux et la gentillesse du bonhomme. De temps à autre, il s’arrête pour réfléchir, essayant de trouver les mots justes : des moments de suspense pendant lesquels son regard semble perdu, et je retiens presque mon souffle pour ne pas perturber sa concentration. A plusieurs reprises il gribouille sur un papier avant de me répondre, jusqu’à ce que le mot-clé sorte de son stylo.

J’ai un stylo dans ma bourse, mais je ne prends aucune note: l’enregistreur fera son travail et je ne veux pas ruiner l’atmosphère qui se situe à mi-chemin entre une interview et une longue conversation. Ce serait vraiment déplacé de fixer une feuille de papier alors qu’il me parle. Et puis, j’ai obtenu une interview en face à face avec lui, la moindre des choses est que je le regarde! Me trouver là sur ce divan est la chose la plus normale qui soit au monde, comme si on s’était déjà vu avant.

Dans mon article, je vais juste retranscrire ses réponses, mais pendant ses réponses et entre les questions beaucoup d’autre choses s’échangent entre nous. Lorsqu’on aborde l’artwork de ‚Big Whiskey’, je ne peux m’enpêcher de le complimenter pour ce travail de maître. Quand il parle de LeRoi, je lui rappelle la remarquable anecdote dans le documentaire de Sam Erickson où il est dit que lorsqu’il jouait il donnait l’impression d’être ailleurs, et à partir de là Dave part dans sa magnifique comparaison entre Roi et Jeff. Dès le moment ou je prononce le mot ‘Lucca’ , il montre immédiatement son enthousiasme. Il ne me laisse même pas finir ma question et il commence à se rappeler de cette ‘super soirée’. Je lui confie que c’était le concert le plus long dans l’histoire du Dave Matthews Band, et il devient attentif et impressioné, parcequ’il n’était pas au courant. Au cours des interviews suivantes, celles avec Rockol et Radio Due par exemple, il le dira lui-même aux interviewers, quand il répondra à la question tant attendue à propos de ce concert épique.

Le temps file et quand on me dit qu’il ne me reste que deux minutes, il me reste un tas de questions que j’aimerais poser à Dave. J’en choisis trois, une demandée par l’éditeur du magazine et deux sur des sujets différents, dans le but de garder la variété que j’ai tenter de créer en préparant l’interview, même avec un nombre de questions plus réduit. La gentillesse de Dave ne connait pas de limites : alors qu’il regarde mon papier avec les questions restantes, il s’excuse pour les longues réponses. Lorsque l’interview est terminée, il se lève et me remercie, me dit que c’était un plaisir de me rencontrer. Tout le contraire de ce à quoi je m’attendait.

Je lui demande si je peux prendre quelques photos pour le magazine, et malgré le fait que mon temps est dépassé et que des membres du staff font leur entrée pour préparer l’interview suivante, tout le monde reste sympa et me m’accorde une minute de plus. Je prends quelques photos de Dave et une de lui et moi ensemble, et je sors rapidement.

Alors que je suis assise dans la salle je repense à l’interview, aux dix membres de Con-Fusion qui prendront part au Meet & Greet avec Dave, et à tous les autres qui pourront le rencontrer, le saluer, lui donner leurs artworks, le voir jouer tout près d’eux. Les jours suivants sont remplis de souvenirs du concert de Milan, mais aussi remplis par les compte-rendus d’amis ayant assisté aux concerts de Rome et Padoue, chacun meilleur que le précédent. Que puis-je faire? Sinon m’envoler pour Londres le 6 Mars.

Je m’emploie à organiser mon voayage pour Londres en quelques jours et le samedi matin je me retrouve à l’aéroport de Luton, ou je suis enlevée par Corsina qui me met dans un taxi mauve nous emmenant à Londres. Le chauffeur, un Indien à l’accent incompréhensible, insiste à nos indiquer le chemin d’Harrod’s.

Après avoir retrouvé nos autres amis italiens, nous nous dirigeons vers l’O2 Arena, ou nous recevons nos backstage passes. En plus de ceux pour Corsina et Benedetta il y en a aussi un pour moi, et si j’ai de la chance je reverrai à nouveau Dave. On arrive backstage, où Corsina salue J. et lui explique qu’elle voudrait me présenter au tour director. On attend G. et du coin de l’oeil je vois arriver une forme reconnaissable entre mille sortir d’une porte ouverte : c’est Dave, un peu fatigué et l’air endormi. Il me reconnait, chose que je n’imaginais pas bien qu’il n’y ai que quelques jours passés depuis Milan. Il demande de nos nouvelles, me fait la bise à moi et à Benedetta alors que Corsina disparait dans ses bras. Je suis contente de le revoir dans un climat plus informel qu’à Milan : bien que l’atmosphère était relax, j’avais quand même mon rôle d’interviewer et lui d’interviewé. Ici nous sommes juste “Èèèlena” et Dave.

Corsina me tend une copie de l’album ‚Scratch My Back’ de Peter Gabriel et on demande à Dave pourquoi il n’a pas pris part au projet, alors que Peter Gabriel voulait le contacter. Un peu étonné, il répond qu’il n’était pas au courant de ça. On blague, lui disant que peut-être Peter a oublié de l’appeler et je demande alors à Dave si son répondeur fonctionne correctement. Il sourie et nous répond par la positive, alors que J. part dans un rire non controllé. Un peu désorienté Dave nous demande ‘alors comme ça je ne suis pas sur ce cd, hein?’ ‘non…’ ‘ok’.

On se dit au revoir et on laisse tomber le projet de voir G. Alors qu’on suit le long couloir, on croise Tim Reynolds qui, poliment, nous tient la porte pour nous laisser passer les premières. Puis il nous demande tout en souriant ‘comment ça va aujourd’hui?’. Pour le peu de temps passé backstage à Milan et Londres, tout ce dont je me souviens des gens que j’ai rencontré sont des sentiments de quiétude, gentillesse et d’amitié. Pendant que nous sortons je repense au fait que nous n’avons pas pû voir G., mais par contre qu’on a pû voir par hasard Dave et Tim, et je trouve ça assez comique.

On retourne dans la fosse et Benedetta et moi allons au premier rang. Tout autour de nous se trouvent des fans venus du Canada, d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Lorsqu’ils voient les passes accrochées à nos cous, ils nous demandent comment on a pû se les procurer, et ils écoutent attentivement les détails qu’on leur fourni à propos de Con-Fusion, tout le boulot et les événements organisés grâce au soutien inestimable du staff. Corsina arrive par un côté de la scène. Elle veut nous présenter Rodrigo Simas, le webmaster de DMBrasil. On ne peut malheureusement pas discuter très longtemps, mais cette brève rencontre est suffisante pour nous laisser l’impression qu’il est très chouette.

Un peu plus tard, à quelques pas de nos yeux, Dave et ses accolytes vont jouer le meilleur concert de DMB auquel j’ai pû assister. Avant le concert, j’envisageais d’aller à Manchester le lendemain; en fin de soirée, dans le taxi me conduisant à la gare Victoria, je n’en n’éprouve plus le besoin. Il existe des bons concerts, ceux qui vous laissent avec la sensation de trop peu. Et il y a les moments uniques, qui vous rassasient pour l’année entière. Cependant, dans ma tête, je ne peux m’empêcher de me poser la même question que tout le monde : quand vont-ils revenir?

Traduction française par Paul Hébert

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