Interview de Con-Fusion avec Dave Matthews

Mai 2, 2010 in interview von tyl-76

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par Elena Pizzetti

22 février 2010. Huit mois se sont écoulés depuis la sortie de Big Whiskey & the GrooGrux King et sept depuis le concert anthologique de Lucca, immortalisé sous la forme du coffret Europe 2009. Le Dave Matthews Band est de retour en Italie, prêt à déverser son kaléïdoscope sonore sur les scènes de Milan, Rome et Padoue. Je dois rencontrer Dave Matthews avant le concert de Milan au PalaSharp pour m’entretenir avec lui du dernier album, du décès du saxophoniste LeRoi Moore, de cette sinergie retrouvée dans le groupe et de ses intérêts variés. Son attitude très “antistar” bien connue est immédiatement ressentie : il m’accueille dans sa loge comme il ferait pour son voisin et il doit s’y reprendre à trois fois avant de d’arriver à prononcer mon nom correctement (et fièrement) avec l’accent sur le bon “e”. Je lui donne un exemplaire du Buscadero de février et il se met à rire en voyant la photo de la couverture : “ce jour-là, j’avais une tête horrible!”. Je lui demande si il est content d’être à nouveau en Italie et sa réponse est un “oui!” enthousiaste: indubitablement, c’est sincère. La table est couverte de listes de chansons, de différents croquis et desseins. Tout au long de l’interview, son stylo n’arrêtera pas de griffoner des choses sur papier. Après qu’il ai ajouté quelques titres supplémentaires à la setlist, nous entrons dans le vif du sujet. Ses réponses formeront une alternance de flots abondants de connaissance et de longs moments de pause pendant lesquels il regarde au plafond, cherchant ses mots, pensif. Dans la pièce d’à côté, comme musique de fond, on entend le sax de Jeff Coffin qui est en train de répéter.

Elena: Lorsqu’on le compare à Everyday et Stand Up, le son et le groove que l’on retrouve sur Big Whiskey sont ceux qui nous rappelle vos trois premiers albums. Tout s’est déroulé alors que vous traversiez une période difficile, mais il en ressort une sinergie incroyable. Peut-on considérer cela comme une certaine renaissance du groupe?
Dave: Oui, le mot rennaissance colle parfaitement. Nous avons traversé des moments difficiles au cours des dernières années, mais c’est quelque chose de normal lorsque vous travaillez ensemble avec d’autres personnes. Pour Everyday, c’était en quelque sorte moi avec un producteur. Dans le cas de Stand Up, c’était nous tous travaillant avec le producteur mais pas dans le même esprit d’unité par rapport à ce que nous avions accompli lors des albums précédents. Le premier et le deuxième étaient des ouvrages passionés (Under The Table and Dreaming et Crash). Le troisième (Before These Crowded Streets) était solide et difficile, on a dû se battre pour arriver à le terminer. Arriver à travailler ensemble pour le suivant était quelque chose d’impossible, donc on a totalement changé notre manière de faire en travaillant différement. Everyday et Stand Up sont deux albums que j’apprécie, mais ils sont tous deux très différents. Pendant notre travail sur Big Whiskey, on s’est vraiment redécouvert chacun. On était passé très prêt du split, et soit on se séparait, soit on travaillait ensemble. Et on a choisi l’option de travailler ensemble, l’album en est la preuve. Mais ce n’est pas seulement une question de se remettre ensemble. C’est aussi reprendre le chemin tracé avec les trois premiers albums. C’est nous tous ensemble. J’ai travaillé très dûr sur cet album et j’attendais la même chose de leur part.

Elena: On ressent aussi l’importance de ce disque à travers le design du livret, que vous avez entièrement dessiné et écrit. Vous avez également réalisé la pochette de l’abum de Danny Barnes, Pizza Box. C’est quelque chose que vous referez dans le futur?
Dave: Peut-être, si j’ai quelque chose de bon à mettre sur papier. Pas mal de choses se sont bien déroulées sur cet album, d’autres moins bien mais le tout a fait qu’on y est arrivé quand même. J’avais vu quelques idées pour la pochette de l’album et je n’aimais pas du tout, alors j’ai dit “je le ferai!”. On a discuté de plusieurs possibilités pour l’artwork de l’album avec Rob Cavallo (producteur ) et il m’a dit un jour “je vois tous les trucs que tu griffones, tu devrais faire la pochette”. Et ça c’est en quelque sorte mis en place tout seul. J’ai d’abord trouvé un visage. Je n’avais pas l’intention de le faire ressembler à LeRoi mais au final c’est ce qui est arrivé. Le nom de l’album aussi… tous ces éléments se sont imbriqués les uns dans les autres d’une manière qui peut sembler synchronisée, mais je pense que c’était juste de la chance.

Elena: L’album commence et se termine par des parties de sax deLeRoi. Le documentaire de Sam Erickson, The Road To Big Whiskey, contient d’autres enregistrements de Leroi. Ces parties vont-elles être inclues dans des porchains albums?
Dave: Je n’en sais rien. Cela pourrait être un chouette passage,une connection entre cet album et le prochain. Cela devrait être quelque chose de naturel, pas forcé. On a fait tant de bonne musique avec Roi. Ce serait chouette si je pouvais m’inspirer de ses parties dans les années à venir. Je ne suis pas contre l’idée, mais rien n’est plannifié pour l’instant.

Elena: Que trouvait-on chez LeRoi que l’on ne trouvera jamais chez quelqu’un d’autre? Et qu’a apporté Jeff dans le son du groupe?
Dave: On ne s’imaginait pas que Roi était en train de mourir quand on a fait appel à Jeff. On avait l’intention de travailler avec Jeff pendant une certaine période, c’est tout. Lorsque Roi est décédé – on jouait ce soir-là – il s’est avéré naturel que si Jeff était disponible, c’était lui qui allait finir la tournée avec nous. Ca s’est juste déroulé comme ça. On ne pouvait pas remplacer la signature musicale de Roi parceque c’était trop spécifique. Son jeu était vraiment difficile mais aussi magique. Jeff est quelqu’un de totalement différent. La seule chose qu’ils aient en commun, c’est le saxophone. En dehors de ça, leur approche de la musique est à l’opposé l’une de l’autre. Roi était quelqu’un de très interne, très introverti et le sax était sa manière de l’exprimer. Jeff lui, est très ouvert, extraverti et c’est comme si ils jouaient de deux instruments différents.

Elena: Il y a quelques jours, Steve Lillywhite ( producteur de DMB de 1994 à 2000) a déclaré qu’il serait enchanté de retravailler avec vous. Y a-t’il des chances que cela arrive?
Dave: Tout à fait! Je n’étais pas au courant, mais je sais que Coran (Capshaw, manager de DMB) est resté en contact avec lui. A l’époque ou notre collaboration s’est arrêtée, ce n’était pas une bonne période pour le groupe, mais les moments passés avec lui sont parmi les meilleurs. Ce serait vraiment chouette de retravailler avec lui. L’avenir nous dira si on arrive à goupiller quelque chose. J’adore travailler avec Rob Cavallo aussi, le son très frais, positif qu’il nous donne. Mais peut-être que l’on peut travailler avec les deux.

Elena: Beaucoup de vos chansons restent à ce jour inédites. L’édition deluxe de l’album Supernatural de Santana contient le titre Rain Down on Me, que vous et Carter Beauford avez écrit. Lors de vos concerts vous jouez des titres tels que Sister et Shotgun. Avez-vous déjà pensé sortir un box contenant tous ces inédtis?
Dave: Mon regard sur la musique est quelque chose d’assez comique. Ma politique est d’aller tout le temps de l’avant, et il arrive parfois que des gens soient déçus parceque je leur dit “je n’ai plus envie de jouer ce titre”. Dans les vieux trucs, j’en aime certains. Certains restent actifs et d’autres disparaissent pour quelques années avant de refaire surface. Et pour certaines autres, je ne les aime simplement plus. C’est comme une relation avec mes chansons. Mon, manager me répète souvent “tu devrais en faire un disque”. Certains membres du groupe aimerait beaucoup, Stefan en particulier aimerait beaucoup. Je dois juste trouver le temps, mais quand je l’ai, j’ai envie de le passer à faire un nouvel album. Mais l’idée de prendre tous ces morceaux et d’en faire une compil est plutôt chouette. Un jour peut-être.

Elena: Vous avez déjà une longue carrière en tant qu’acteur dans des films ou des séries tv. The Other Side, In The Woods et The Pretend Wife avec Adam Sandler sont en cours de réalisation. Qu’est-ce que le cinéma vous apporte que la musique ne vous apporte pas?
Dave: C’est quelque chose de très différent. Prenons le cas avec Adam Sandler : j’aime beaucoup ça parcequ’il est un ami, et on prend vraiment du bon temps ensemble. Mais j’aimerais faire quelque chose de plus sérieux un jour. Le fait de jouer la comédie est une toute autre expérience, une autre forme d’expression, une autre issue. Il est bon de céder à montrer différentes faces de notre personnalité, quelle qu’en soit la manière. C’est ce que j’essaie de faire par rapport aux gens avec qui je suis, quelle que soit la face.

Elena: Au cours d’une interview du début des 90’s, vous définissiez la musique du DMB comme “con-fusion”, un mot que le fan club italien a adopté comme nom. Si vous deviez définir votre musique en un seul mot aujourd’hui, quel serait-il?
Dave: (avant qu’il ne réponde il écrit les mots JOIE et HONNETE et les contemple un instant) Peut-être “joie”. Quelque chose entre “joie” et “honnête”. C’est ce que j’essaie d’être, ce que je veux être: honnête. Mais la joie est ce qui est le plus contagieux. On prend tellement de plaisir à faire de la musique. C’est comme courir sur une piste non terminée, et de malgré tout essayer de poursuivre la course.

Elena: Le concert de Lucca l’année dernière est le plus long que le groupe ait jamais joué…
Dave: Vraiment?! Oh..! On s’est super éclaté ce soir-là!

Elena: Il a été également choisi pour figurer sur le box Europe 2009. Quels sont vos souvenirs de cette soirée-là?
Dave: C’est pas évident de se rappeler. On était porté par quelque chose, sans plus vraiment de contrôle. Lorsque c’est si spécial, tu n’as plus grand chose d’autre à faire. On était en roue libre, survolant le tout. J’ai des souvenirs de la Place, la statue, des gens assis sur et autour de la statue. Je me souviens aussi de l’énergie. Tout était fait pour que cette soirée soit vraiment bonne.

Elena: La décennie est passée. Quels artistes, à votre avis, ont laissé leur empreinte dans l’histoire de la musique ces dix dernières années?
Dave: Question difficle. Je dirais Radiohead. Et peut-être Jay Z. Je reste fort à l’écart de tout ça, donc je ne me rend pas compte de tout ce qui se passe. Si je devais choisir pour moi, je dirais Danny Barnes. Dans un monde parfait, Danny Barnes serait l’homme de la situation! Mais existe beaucoup de bons groupes, il y en a tant d’autres, qui font de l’excellente musique.

Traduction par Paul Hebert

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